Compagnie des Indes orientales
La Compagnie des Indes orientales - ou Compagnie françoise pour le commerce des Indes orientales de son vrai nom - est une entreprise commerciale, fondée en 1664 pour concurrencer la Compagnie anglaise des Indes orientales et la Compagnie hollandaise des Indes orientales.

Imaginée par Colbert, elle est créée par une déclaration royale de Louis XIV, enregistrée par le Parlement de Paris et complétée par des statuts qui en font une manufacture royale avec tous les privilèges associés, en particulier exemption de taxes, monopole exclusif du commerce dans l'hémisphère oriental , garantie sur trésor royal, pouvoir de nommer des ambassadeurs, de déclarer la guerre et de conclure des traités. Elle est dotée d'un capital initial de 8,8 millions de livres.

Au niveau des emblèmes utilisés, 2 articles du statut initial nous en parle:

ARTICLE XXXVI.: Pourra ladite Compagnie équiper et armer tel nombre de vaisseaux qu'elle verra bon être, soit de guerre ou de commerce, arborer sur l'arrière d'iceux le pavillon blanc avec les armes de France, établir des garnisons dans toutes les Places ci-dessus ou qui seront conquises ou bâties, de tel nombre de Compagnies et d'hommes qu'elle estimera nécessaire, y mettre armes, canons et munitions, faire fondre canons et autres armes en tous lieux et en tel nombre qu'elle aura besoin, sur lesquelles seront empreintes nos armes et au-dessous celles de ladite Compagnie, qui fera tout ce qu'elle croira nécessaire pour la sûreté des dites Places, lesquelles seront commandées par les Capitaines et Officiers de toute qualité, qu'elle pourra instituer et destituer, ainsi qu'elle verra bon être, à la charge toutefois qu'ils nous prêteront serment de fidélité et ensuite serment particulier à la dite Compagnie.

ARTICLE XLII: Nous avons accordé à la dite Compagnie de prendre pour ses armes un écusson de forme ronde, le fond d'azur chargé d'une fleur de lys d'or, enfermé de deux branches, l'une de palme et l'autre d'olivier jointes en haut, et portant une autre fleur de lys d'or, pour devise, " Florébo, quocunque ferar " (« Je fleurirai là où je serai portée »), et pour support deux figures, l'une de paix et l'autre de l'abondance, desquelles armes la dite Compagnie se pourra servir dans ses sceaux et cachets, et les faire apposer sur ses canons, vaisseau, édifices et partout ailleurs qu'elle avisera.

De 1719 à 1725, la Compagnie fut englobée dans une vaste opération financière montée par le banquier, John Law. Une nouvelle Compagnie vit le jour par la réunion à la Compagnie d'Occident (Edit de réunion de mai 1719) de la Compagnie des Indes Orientales, du Sénégal, de Chine, de Barbarie et de la Mer du Sud et porta le nom de Compagnie Perpétuelle des Indes.

Elle fut plus importante par sa durée, son étendue commerciale, et ses moyens financiers. Cette compagnie, qui survécut à la banqueroute catastrophique de Law en 1720, utilisait les mêmes armoiries que la Compagnie d'Occident qu'elle avait absorbée: de sinople à la pointe ondée d'argent sur laquelle sera couché un fleuve au naturel, appuyé sur une corne d'abondance d'or; ayant deux sauvages pour supports et une couronne trefflée

Le drapeau du régiment de la Compagnie des Indes en 1756, comportait trois bandes verticales : une rouge, une blanche, une rouge, avec, au centre de la bande blanche, un médaillon couronné portant sur fond d'azur trois fleurs de lis d'or.

En 1767, nous avons gardé le texte qui reglemente l'envoi des signaux de reconnaissances pour préparer l'atterrage d'un navire de la Compagnie des Indes à l'île de France. Curieusement, il s'agit de l'emploi de pavillons étrangers anglais et hollandais et d'une flamme bleue.

Aterage à l'isle de France

En 1769, le monopole de la compagnie est supprimé et la compagnie est suspendue.

La Compagnie est réorganisée par Calonne en 1784 mais sans pouvoir civil et militaire, elle fut uniquement commerçante. Elle perdit ses privilèges avec la Révolution (le 4 août 1789) pour cesser totalement ses activités en 1793.

"Les Compagnies des Indes" de P. Haudrère et G. Le Bouëdec aux éditions Ouest-France,

Wikipédia, http://www.lorient.com/musee/, http://enguerrand.gourong.free.fr/